Par Sophonie Tuyishime
La Banque de la République du Burundi a organisé ce vendredi à Gitega une réunion à l’intention des magistrats des parquets ainsi que des acteurs du secteur coopératif afin de leur sensibiliser sur le cadre réglementaire des groupements financiers communautaires.

La rencontre a eu lieu au chef lieu de la province Gitega, la capitale politique du Burundi. Nyobewumusi Alphonse a présenté les dispositions du circulaire n°14/M/26 relative à l’enregistrement et au fonctionnement des groupements financiers communautaires. Il a également rappelé certaines activités interdites à ces structures communautaires, notamment l’octroi de crédits ouverts au public, la domiciliation des salaires ou encore l’ouverture d’agences dans d’autres localités sans autorisation.
Des magistrats ayant participé à cette séance ont indiqué qu’ils sont régulièrement confrontés à des litiges liés aux coopératives et associations d’épargne. Selon eux, plusieurs dossiers se terminent par l’emprisonnement des auteurs présumés de détournements, tandis que les citoyens victimes peinent à récupérer leur argent. Ils ont ainsi demandé à la Banque de la République du Burundi de renforcer la collaboration avec les parquets et les responsables des coopératives et des groupements financiers communautaires afin d’assurer une meilleure indemnisation des épargnants lésés.
Le directeur de la supervision et de la stabilité financière au sein de la BRB Nsabiyumva Simplice a expliqué que lorsque la banque centrale constate de graves irrégularités dans un groupement financier communautaire, elle peut limoger ses dirigeants et mettre en place de nouvelles instances de gestion, bien que ces cas restent rares.
Nsabiyumva a également précisé que lorsqu’un groupement financier communautaire est suspendue alors que de nombreux citoyens y ont investi leurs économies, la Banque de la République du Burundi transmet les dossiers à la justice afin que les auteurs répondent de leurs actes. Dans certains cas, la banque centrale peut contribuer au remboursement des fonds perdus, mais la priorité est accordée aux catégories dites « privilégiées », notamment les employés et l’État.
Il appelle les autorités judiciaires à appliquer rigoureusement les lois contre toute personne impliquée dans la mauvaise gestion ou le détournement des fonds des groupements financiers communautaires enregistrés à la Banque de la République du Burundi .

