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Education des filles au Burundi : malgré certains défis, les statistiques sont progressives

Par Gaspard Maheburwa

Au Burundi , les filles vont à l’école comme leurs frères. Elles se font remarquer par des exploits en occupant même des places de choix au niveau du classement après les examens . Ces premières places occupées par les filles burundaises encouragent les autres filles. Dans la même logique, des initiatives sont entreprises pour promouvoir l’éducation de la jeune fille. Cependant, certains coins affichent des chiffres minimes de filles scolarisées  à cause de différents facteurs dont certains stéréotypes qui limitent la place de la femme au seul foyer alors qu’éduquer une fille c’est éduquer toute une nation. Mais des améliorations sont observées   grâce à l’adoption de la politique de l’éducation pour tous.

Tour d’horizons  dans ce reportage.

Jusqu’à une certaine période ,la tradition burundaise accordait à la fille une place au ménage comme étant le seul secteur à pouvoir bien l’accueillir. La communauté féminine était souvent confrontée à des stéréotypes selon lesquels la femme ne peut réussir qu’au foyer. Donc; l’école n’était pas pour les filles. Mais le temps est révolu.

Les statistiques fournies par le recensement général de la population de 2008  montrent que le taux brut de scolarisation au Burundi était de 34,1 pour le sexe masculin tandis que celui du sexe féminin atteignait 26,7.  Ces chiffres ne sont pas moindres par rapport aux années antérieurs. Lors de notre reportage dans différents coins du Burundi,  le constat a été que les filles deviennent de plus en plus nombreuses à l’école. Cela relève de la conscientisation qui date des années, selon des sources concordantes, et que la communauté comprend progressivement que les filles contribuent ,elles aussi, au développement du pays.

Partenariats, création de projets,….une opportunité d’apprentissage pour les filles

Un projet visant à ce que la fille ait une éducation au même titre que le garçon a été initié par le Forum for African Women Educationalists ( FAWE ). Ce Forum des éducatrices africaines met à la disposition de la  fille et à la communauté en général, tout en commençant par les établissements scolaires , des outils pouvant aider à la fille d’étudier jusqu’au niveau universitaire tout en se choisissant une filière pour sa vie. Lors du lancement , en date du 21 février 2023 à Bujumbura, du projet de mise en échelle du modèle des écoles sensibles au genre pour l’équité et le succès  des filles, Alice Nindorera , Représentante Légale de FAWE Burundi  a indiqué que le projet a été élaboré  dans le but de promouvoir la fille dans les écoles afin qu’elles puissent dépasser les barrières qui les empêchent d’arriver loin dans les études.

Extrait d’Alice Nindorera

«Le projet est entrepris dans quatre pays d’Afrique dont le Burundi, la RDC, le Mali et le Sénégal», a signalé Nindorera. La figure emblématique de FAWE Burundi espère qu’ à travers le bon partenariat avec le ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique   ainsi que celui de la communauté en général, à commencer par celui des parents, le projet sera un succès.

Extrait de Jeanine Ihorihoze

Invité dans le lancement du projet déjà évoqué, le ministère ayant l’éducation nationale dans ses attributions a encouragé ce type de projet qui vise l’ouverture  dans  le secteur de l’éducation. Jeanine Ihorihoze , Directrice du département fondamental dans ce ministère encourage FAWE Burundi à collaborer  davantage avec le ministère surtout qu’il y a même un département des innovations pédagogiques qui a été mis en place. Cette autorité éducative promet que le ministère , à travers les services déconcentrés , va soutenir les initiatives visant l’inclusion scolaire tout en proposant l’élargissement du programme.

Les parents constatent des améliorations au niveau de l’éducation de la fille

La population salue la politique nationale visant l’amélioration de la dimension genre dans l’éducation. Lors de notre reportage à Ngozi, les parents que nous avons rencontrés ne cachent pas leur satisfaction quant à l’éducation de la jeune fille surtout que la plupart d’entre eux ont évolué dans la communauté  durant la période où les préjugés sur l’éducation de la fille battaient leur plein.

Minani Tharcisse , père de six enfants ,parmi eux quatre filles, estime que scolariser une fille présente des avantages pour son avenir et que celle-ci peut avoir le vent en poupe non seulement à l’avantage de ses parents mais aussi pour sa communauté, …pour l’Afrique et l’humanité entière.

A en croire Jeannette Nduwimana, mère de trois filles, scolariser une jeune fille , c’est aussi développer le pays.« Si je n’avais pas été à l’école, je ne serais pas de grande utilité pour ma famille.  J’ai mon emploi, je contribue au développement du foyer et je vais scolariser mes enfants  jusqu’à décrocher le grade académique le plus élevé », rassure-t-elle.

Cette perception, Nduwimana la partage avec un autre parent. Celui-ci, c’est Felix Nahimana , père de deux filles. Ce quadragénaire souligne qu’une fille scolarisée a son propre capital pour la vie. Il ajoute que cette fille se promène avec un titre foncier et cela fait éviter, donc, le surgissement des conflits fonciers. Il est à noter qu’au Burundi , les conflits fonciers sont nombreux et que certaines femmes éprouvent des difficultés quant au droit à la succession.

Anne-Marie Nsaguye , une fille analphabète se heurte à plusieurs problèmes :« Je suis analphabète. Si j’avais été  à l’école, j’aurais une bonne vie. Mes camarades d’enfance sont plus avancées que moi. C’est pourquoi  tous mes cinq enfants doivent être scolarisés. De surcroît,  j’ai une fille scolarisée. Elle a un emploi et aide  ses frères et sœurs. Bref, pour moi, la place de la fille est à l’école et non à la maison»

Les organisations indépendantes soulignent des opportunités mais aussi déplorent des défis

Au sein du Collectif « Bafashe Bige (aidez-leur à étudier) », c’est un pas de géant de voir que les filles et les garçons ont les mêmes chances de pouvoir fréquenter l’école.  Selon Apollinaire Muzagara, représentant Bafashe Bige à Ngozi, au Nord du Burundi, les filles et les garçons sont traités de la même façon que ce soit au niveau des inscriptions et en ce qui est de la note d’entrée d’un niveau à un autre.

Muzagara déplore cependant, la lenteur observée chez les filles Batwa qui ne vont pas à l’école en nombre suffisant à cause de la pauvreté.

Selon le rapport du cadre de planification des populations autochtones, publié en 2018, le problème le plus épineux pour la communauté des Batwa reste le manque de terre alors que c’est le bien le plus précieux pour un pays dont l’ensemble de la population rurale vit de l’agriculture. Celle-ci est, en effet, la base de l’économie burundaise dans laquelle elle occupe une position prépondérante par rapport aux secteurs secondaire et tertiaire. Elle est la seule source de revenu pour la plus grande partie de la population.

Revenant sur les constats de Bafashe Bige, la pauvreté est un handicap pour la scolarisation des filles.

« La pauvreté s’observe chez d’autres catégories de filles, ce qui pousse à ces dernières d’interrompre les études  sans oublier  l’irresponsabilité de certains enseignants et directeurs qui engrossent leurs élèves », s’afflige Muzagara.

Selon ce cadre, pour mettre fin à ces problèmes, la scolarisation  surtout des jeunes filles ne doit pas être une préoccupation des seules  autorités locales ainsi que les prestataires du domaine de l’enseignement mais plutôt, une préoccupation de tout le monde.

« De la même manière qu’un chef de colline recense au quotidien toutes les recettes issues de la boisson locale , qu’il sache aussi le nombre d’enfants ayant abandonné l’école sur sa colline et les raisons de ces abandons. Quant aux éducateurs qui engrossent leurs élèves, des sanctions exemplaires doivent être prises à leur encontre » , martèle Apollinaire Muzagara.

Misago Ildephonse  chef du bureau provincial de la ligue des droits de l’homme, Izere Ntiwihebure, à Gitega, fait savoir qu’en 2022 la situation des filles scolarisées a franchi un pas important par rapport aux années antérieures. Il lance un appel aux parents et autres intervenants dans le secteur de l’éducation pour conjuguer des efforts conjoints afin que les filles fréquentent l’école en grand nombre.

 Les directions provinciales de l’enseignement satisfaites de la scolarisation des filles

Avec la décentralisation du domaine de l’éducation au niveau des provinces, la sensibilisation des jeunes filles pour aller à l’école a généré des résultats positifs.

Jean-Pierre Ndikuryayo, le Directeur provincial de l’enseignement à Ngozi indique que depuis l’an 2008 jusqu’en 2022, le nombre de filles fréquentant l’école a augmenté.

Il souligne que les filles sont plus nombreuses que les garçons pendant l’année scolaire 2022-2023 et cela pour l’école fondamentale et  pour l’école post fondamentale.

Les données obtenues auprès de cette province scolaire, révèlent que pour l’an 2022, à Ngozi, les filles occupaient 50,39% des effectifs d’élèves scolarisés à l’école fondamentale alors que les garçons atteignaient  seulement 49,61%.

En même temps, l’école post fondamentale dans cette même direction provinciale enregistrait 53,12% de filles tandis que les garçons s’élevaient à 46,88% seulement.

Ces chiffres sont éloquents par rapport à la scolarisation des filles dans cette partie du pays.

Ndikuryayo fait constater, cependant, qu’il y a une lacune chez la communauté Batwa.

« Les enfants Batwa fréquentent l’école mais peu d’entre eux parviennent à terminer. Dans cette situation, les filles sont plus nombreuses par rapport aux garçons », alerte le Directeur provincial de l’enseignement en province Ngozi.

Cette autorité scolaire provinciale, se félicite dupas franchi par sa province quant à la scolarisation des filles et interpelle les jeunes filles à embrasser davantage les filières techniques  pendant leur formation post fondamentale  car elles n’y sont pas tellement perceptibles. «  Je voudrais  encourager les filles à poursuivre les études techniques. Qu’elles comprennent que rien n’est difficile dans ce domaine et qu’il n’y a pas de filière réservée exclusivement aux seuls garçons »

Quant à la province scolaire de Gitega, au centre du Burundi, Tite Sinzo, conseiller chargé des ressources humaines à la direction provinciale de l’éducation de Gitega, fait savoir que pendant l’année scolaire 2021-2022, cette province scolaire comptait 8973 élèves filles contre 17610 garçons au niveau de l’enseignement préscolaire.

Dans cette même province scolaire, au niveau du fondamental,   120 685 filles sont enregistrées alors que 228 665 garçons y sont recensés.

A ce niveau, il est évident que la province Gitega enregistre une grande différence au niveau de la scolarisation des filles et celle des garçons.

Il est évident que la fréquence de la jeune fille burundaise s’est améliorée au fur des années. Cependant, des efforts sont à être  conjugués par différentes parties prenantes pour que la fille burundaise, la communauté, les leaders religieux,….tout le monde puisse comprendre que le développement   effectif du pays est possible si l’éducation de la fille est placée parmi les grandes priorités.

Gaspard Maheburwa

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