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Les Burundais apprennent à vivre avec le masque pendant la pandémie du Covid-19

Par Jean-Bosco Ntaconayigize

Depuis  décembre 2019, le monde  est confronté à une crise sanitaire sans précédent liée à la pandémie de Covid-19. Les pays de tous les continents s’activent pour endiguer la pandémie. Malheureusement, cette maladie rythme toujours nos vies car les patients subissent chaque jour des effets de ce fléau et doivent s’adapter pour survivre. Dans le cadre de la lutte contre cette pandémie, le port du masque de protection, plus particulièrement dans les zones où la distanciation sociale ne peut être respectée, fait partie des gestes barrière adoptés par les gouvernements.  Les témoignages des Burundais à profils variés démontrent que le port du masque est un sujet de controverse même si tous reconnaissent que porter le masque contribue à freiner la propagation de la pandémie de Covid-19.

Le communiqué rendu public par le comité national de gestion du Covid-19  le 13 janvier 2021 via le ministre burundais de la santé publique et de  la lutte contre le sida ne pouvait laisser personne indifférent : il ordonnait, en effet, le port du masque pour tous les chauffeurs du transport en commun de même que leurs clients. Des correspondances des différentes institutions obligeant le port du masque pour les prestataires des services s’en sont suivies. La mesure a été accueillie différemment  dans la communauté, mais beaucoup sont ceux qui ont compris que les masques sont devenus indispensables dans  la lutte contre le Covid-19.

D’anciens malades qui témoignent…

« Tous ceux qui ont eu le Covid-19 se souviendront toujours d’une maladie pénible, vécue dans des moments difficiles. C’est une maladie qu’il faut prendre au sérieux », témoigne Nicelatte Kayobera, une femme de la ville de Ngozi qui a souffert de cette maladie.

«  La maladie s’est d’abord manifestée comme un rhume classique pendant trois jours, suivi de la toux et d’un mal de la gorge puis de la fièvre et une perte d’appétit », détaille cette mère d’un enfant. « Je suis allée consulter un médecin : il m’a traitée et la fièvre a commencé à baisser. Et quand le lendemain  j’ai remonté les escaliers de ma maison, j’ai réalisé que j’avais des problèmes respiratoires. Le lendemain j’ai été testée positive au Covid-19 à l’hôpital, de même que mon enfant de quatre ans et ma mère qui vit chez moi », explique-t-elle avant d’ajouter : « Je ne voulais pas y croire parce que je me suis dit que cela n’était pas possible étant donné que je ne prends pas le transport en commun, participe rarement à des grands rassemblements et n’ai pas de  travail pour le moment ».

Cette trentenaire précise en outre qu’ils ont passé toute une semaine sous traitement en quarantenaire .Deux semaines plus tard, cette femme informe qu’ils se sont rendus à l’hôpital pour le contrôle et ont été testés négatifs au Covid-19. Depuis lors, et sur conseils des médecins, le port du masque fait partie de leur quotidien. « Je m’y suis habituée, ça ne me dérange plus, les autres non plus », renseigne-t-elle, tout en rassurant qu’elle a déjà compris l’importance du port du masque. «  Le masque sert à éviter de contracter le coronavirus ou toute autre maladie virale. Il sert aussi à protéger les autres si on est soi-même malade », précise cette femme du Nord du Burundi. Elle ajoute : «  Toute personne qui présente des symptômes d’infection respiratoire ou suspectée d’être malade devrait porter un masque pour protéger les autres ».  Nicelatte remercie vivement le personnel soignant qui s’est occupé d’elle et de sa famille  et qui les ont réconfortés. «  Il prend beaucoup de risques et fait tout ce qu’il peut pour sauver des personnes en danger. J’ai appris qu’il y en a qui sont contaminés par les patients et qui finissent par y succomber », regrette-t-elle.

Le Covid-19 entraine des dégâts dans diverses provinces du Burundi et les malades y sont signalés. Lors de notre travail, nous nous sommes rendus en province de Kayanza, frontalière de la province de Ngozi. Là-bas aussi, des témoins parlent de ce qui leur est arrivé.

« C’était le matin du 10 avril 2021 que je me suis réveillé avec des bouffées de chaleur et des maux de tête violents », se souvient Ntirampeba, un commerçant rencontré au marché de Muhanga en province Kayanza, masque au visage.

 « La situation ne faisait  que s’aggraver et trois jours après, je commençais à éprouver des difficultés respiratoires. Le soir même je me suis rendu au centre de santé, puis transféré à l’hôpital où j’ai été testé positif au Covid-19 », précise-t-il. Cet homme laisse entendre que dès son retour à la maison, masqué, il n’a pas été vite compris et fait état des difficultés qu’il a rencontrées pour convaincre sa famille à porter des masques de protection.

 « Si les membres de votre famille n’ont jamais porté de masque, il est important d’en parler de manière compatissante et ouverte. Il est aussi important de leur rappeler que le port du masque doit être associé à d’autres mesures de précaution comme le lavage fréquent à l’eau et au savon », indique-t-il. Il précise qu’il lui a fallu être attentif à leur niveau d’anxiété, admettant que le port du masque est pénible pour tout le monde  mais que cela permet de se protéger et de protéger les autres.

Au final, Ntirampeba se félicite  que son combat ait été gagné. Il indique que ceux qui disaient au départ que « le masque empêche de respirer » ou qu’ « il fait de la buée sur les lunettes », le trouvent actuellement « utile pour lutter contre la pandémie de Covid-19 » et le portent «  partout où cela est recommandé ».

Des transporteurs en commun et des employés s’expriment…

A Bujumbura, la Capitale économique du Burundi, les gens ont compris que le masque est un instrument de protection.

«  Dans notre entreprise, le masque est devenu un outil de protection au même titre que les chaussures de sécurité ou les gants », confie un employé de la ville de Bujumbura rencontré au marché de Kinama, masque au visage. «  Même chez moi on sort tous masqués car notre voisin a failli mourir de Covid-19. Je leur répète toujours qu’il faut porter leurs masques convenablement », ajoute cet employé qui a préféré l’anonymat.

« Le service de sécurité de notre banque a reçu de nouvelles instructions », affirme  Chantal Niyonkuru, une employée d’une banque de Bujumbura, avant d’ajouter : « Au-delà de la sécurité physique et de la surveillance, les agents de sécurité  doivent s’assurer de la sécurité de notre clientèle avec le gel, et surtout le port de masque. Ça se passe globalement bien sauf quelques cas d’oubli, et des rappels à l’ordre suffisent ».

Au niveau des parkings, le port du masque n’est pas méconnu. « Le masque est porté par tout passager y compris le chauffeur, on ne se pose plus de questions », affirme Martin Ndayikunda, un chauffeur assurant le transport vers l’intérieur du pays rencontré au parking dit « kwa Siyoni » en mairie de Bujumbura. « Le port du masque s’étend à toutes nos familles  malgré quelques cas de résistance », ajoute Michel, un taximan rencontré au même endroit.

Lionel, un jeune homme originaire de la province Gitega qui habite temporairement à Kamenge en mairie de Bujumbura où il exerce le commerce ambulant des masques avoue que son activité ne se porte pas du tout mal. «  Il m’arrive d’écouler une centaine par jour », informe-t-il, tout en précisant que «  les citadins comprennent de plus en plus le rôle du masque dans la lutte contre le Covid-19 ».

Venant Manirakiza est un habitant de la commune et province Kayanza rapatrié du Rwanda. Il se souvient des moments difficiles vécus au camp des réfugiés en pleine pandémie : «  Après l’arrivée de la pandémie et dans un contexte de restriction de déplacements, et de  peur d’attraper le coronavirus, l’accès des refugiés aux services de base a été très réduit. On vivait la peur au ventre car nous étions regroupés dans une forte promiscuité et dans des conditions de vie insalubres. Le port de masque était de rigueur et à tout moment ».

Dès son retour au pays natal, Venant informe qu’il a trouvé une famille mal informée sur le Coronavirus. « Il a fallu plusieurs jours pour que je parvienne à les convaincre que la maladie est très dangereuse et que le port du masque permet de se protéger et protéger les autres », conclut-il.

Cependant, dans la rue il y en a qui trouvent des inconvénients au port du masque. « C’est désagréable de porter un masque : au téléphone ou lors de longues discussions ça donne un air chaud » proteste un jeune rencontré devant une station-service de la mairie de Bujumbura tout en soulignant qu’il habite à Rumonge au Sud du Burundi.

Les prestataires de soin et les agents de santé s’investissent.

Le Directeur de l’hôpital de Ngozi reconnaît que son établissement accueille des malades du Coronavirus. Guillaume Ntawukuriryayo précise que le message du personnel soignant est d’inviter la population au port du masque et de le porter régulièrement et convenablement : « Quand vous achetez un masque, vous devez vous assurez qu’il couvre bien le visage, le nez et le menton et qu’il ne vous obstrue pas la vue ».

Quant à Emile Gahungu, un agent de santé de la ville de Ngozi, il fait état des séances de sensibilisation à l’endroit de la communauté sur le port du masque. « Nous leur disons qu’il faut laver le masque en tissu avec du savon et de préférence à l’eau chaude au moins une fois le jour. Et une fois lavé, le masque doit être complètement sec avant d’être réutilisé. Nous leur disons également que le masque doit être conservé dans un sac propre, et qu’il doit être changé quand il est humide ou sec et qu’il est interdit de le toucher pendant qu’on le porte » termine-t-il.

Enfin, à la question de savoir ce qu’ils pensent du vaccin contre le Covid-19, surtout qu’il est actuellement disponible dans le pays, la grande majorité de ceux qui se sont exprimés trouvent que c’est une bonne occasion qu’il faut saisir afin de se débarrasser du masque qui, bien qu’utile, reste gênant.

Gaspard Maheburwa

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